Comme son nom l'indique, c'est de la coloc dont il va s'agir une fois encore ici –mais pas que. Mais chaque chose en son temps, et commençons par le commencement : le titre, peut-être. D'aucuns diront «Pourquoi "#2 bis" ? Elle est où, la logique ? ». Là voilà : les colocs changent, mais pas la maison. Donc ce n'est pas vraiment une colocacion #3, mais ce n'est plus la #2 non plus. J'ai donc opté pour la #2 bis.
Ainsi, Lena est partie à son tour, voilà maintenant deux semaines. Je ne pouvais pas rester seule à la maison. De toute façon, on était à la recherche de quelqu'un pour prendre la chambre de Jakob depuis un mois. Lena et Jakob avaient proposé à la nouvelle stagiaire de leur boite d'emménager chez nous. C'était donc sûr que j'aurais une coloc une semaine après le départ de Lena ; certitude très pratique, d'ailleurs, sinon j'aurais déménagé. Mais restait toujours une chambre vide.
Et finalement, l'harcèlement de ma mailing list aura porté ses fruits, puisque j'ai rencontré deux jours après le départ de Lena quelqu'un qui cherchait une maison !
"Et donc, tu bosses pour ONG suisse. T'es Suisse, donc ?
- Non, Française. Je suis Grenobloise.
- Non ?! Moi aussi ! - De quel village ?
- Arf, tu dois pas connaitre. Crolles, ça te dit quelque chose ?"
Ca me dit quelque chose, en effet. Nous sommes partis de la nationalité, puis avons fini par nous demander dans quel quartier nous habitions… Maintenant, on en est à évoquer nos profs du collège, après avoir surtraité le dossier "pistes des 7 Laux".
Le premier commentaire serait "Le monde est petit". Non. En réalité, c'est le monde de Science-Po qui est petit, microcosme privilégié où beaucoup voyagent et finissent par se rencontrer. Je ne compte plus le nombre de Français ici qui ont fait Science-Po ; j'ai même rencontré un Anglais qui avait fait son Erasmus à l'IEP de Grenoble.
Sans transition après cette observation visant à souligner une fois encore la chance que j'ai de faire ce voyage, retraçons ce week-end de Pâques, premier de la coloc #2 bis. Il fallait fêter ça, d'autant plus qu'on avait quatre jours off (le lundi de Pâques + la commémoration mardi de l'assassinat du Président, qui a déclenché la guerre). Nous avons donc improvisé une petite virée à l'intérieur du Pays. Yves n'a pas pu nous accompagner, car il était là avec son chef. L'occasion pour moi de présenter ce dernier : Ludovic Hubler, écrivain du Monde en Stop. Sorti de l'ESC Strasbourg en 2003, il décide de partir faire le tour du monde en stop. Son périple aura duré cinq ans, au cours desquels il a visité 59 pays dont l'Afghanistan, la Corée du Nord (va trouver ton visa pour la Corée du Nord, toi !), ou la Colombie. Il a même fait du brise-glace-stop pour une épopée en Antarctique. Rencontre passionnante, comme j'en fais tellement au cours de cette année. Son livre a remporté le concours machin-chose du récit de voyage, et je vous encourage à le lire ! [Edit : non Maman, non Papa, je n'ai pas (encore) pour projet de faire le tour du monde en stop].
Après ce petit coup de pub (pour lequel je ne recevrai aucune indemnité, promis), revenons à notre bien plus modeste virée à l'intérieur du pays. Destination : Gitega le dimanche, puis Muramwya le lundi. Gitega est la deuxième ville du pays, comme ne le montrent pas les photos. Muramwya, c'est moche et ya rien à y faire, donc le programme consistait à crapahuter dans les collines burundaises, entre plantations de thés, champs de manioc et forêts d'avocatiers et d'eucalyptus. Super week-end, au final, même si le chocolat de Pâques manque un peu…
Ce billet est déjà trop long, et pourtant je ne résiste pas à vous raconter une petite anecdote amusante. De retour de Muramwya hier, nous ne prenons pas un bus comme à l'aller, mais un Bagdad, c'est-à-dire un taxi collectif. Rien que le nom du concept fait rêver. A sept dans le taxi, petite voiture dans laquelle on serait serré à cinq. Trois devant (deux sur le siège passager. Si, si, c'est possible), quatre derrière, plus le coffre plein de bananes. Rassurez-vous, j'ai tout de même réussi à m'endormir, on ne change pas les bonnes habitudes (réveillée par un bout de banane qui m'a perforé l'oreille ; j'aime). A l'approche de la ville, le chauffeur s'arrête, en met deux dehors, appelle deux vélos qui attendent là, pose les deux sur le vélo, puis nous repartons – à cinq, donc. Nous continuons un peu, passons un barrage de flics, puis nous arrêtons de nouveau juste après le virage suivant. Là, nous attendent les deux expulsés, tandis que les vélos font demi-tour. L'explication, vous l'aurez comprise, était que le chauffeur sous-loue les services de taxi-vélo pour franchir les barrages de flics, puisqu'il transporte trop de passagers. Professions de cyclistes : passeurs de clients de taxi clandestin, ou nègres pour chauffeur de taxi. J'ai trop ri.
Allez, j'arrête là, sinon vous ne voudrez plus venir.
Bises à tous,
PS : Une fois n'est pas coutume, la plupart des photos ne sont pas de moi, mais d'Adeline, plus téméraire que moi pour sortir l'appareil en ville.









