jeudi 1 mars 2012

J'ai mangé mon premier Bretzel.

D'autres scoops pour bientôt.

Gute Nacht,
Caro

vendredi 24 février 2012

Juste après le tarmac

Hallo !

En toute honnêteté, cet article aurait eu un peu plus de sens hier (quand je suis descendue de l'avion, en toute logique). Mais il se trouve que je n'ai pas eu le temps, alors je nous l'ai gardé tout chaud sous le coude et nous le prépare ce soir.

Avant tout, merci, merci, et merci pour vos mails, textos, coups de téléphone, pigeons voyageurs et autres télégrammes ! Qu'on se le dise, quand on débarque dans un endroit inconnu (et où on est personne pour tout le monde, en l'occurrence), cela fait très, très plaisir de savoir que certains pensent à nous. En tout cas, moi, ça me fait plaisir.

Bref, tout ça pour dire que je suis bien arrivée dans le Nôôôôôôôôôôôrd, que mes engelures sur les doigts ne m'empêchent pas encore de taper sur le clavier (ayiiiiiiiiiiiiiiiiii la mauvaise foi et les vieux clichés sur le temps allemand : il fait pour ainsi dire bon (6-7 degrés) et la pluie qui tombe depuis ne m'a pas encore noyée –elle m'a juste causé une petite indisposition capillaire, mais c'est une question d'habitude), et que… bah que tout va bien.

Mais voilà qu'à peine nous sommes-nous retrouvés et que je vous étouffe avec des considéración (à lire "cionne", ça n'a pas changé. On n'efface pas 4 ans avec la Pervesión –mon prof d'Espagnol, pour ceux qui n'ont pas eu l'honneur…- en un jour chez les Allemands) secondaires. Revenons-en à l'objet de ce billet, à savoir une question que nombre d'entre vous m'a déjà posée (nan, pas vous les IEPiens, je sais bien que vous connaissez la réponse) : "mais quand t'arrives dans un endroit nouveau, concrètement, tu fais quoi quand tu descends de l'avion ?"

Pour ma part, je n'ai jamais débarqué dans une ville sans savoir où j'allais dormir le soir-même (excepté en Tanzanie, mais c'était le but du voyage, hein…). N'en déplaise aux mauvaises langues qui prétendent que je suis partie en touriste – je ne vise personne, mais vous pouvez tout de même lorgner du côté de la branche supérieure de mon arbre généalogique.


Hier, donc, et même si c'était la première fois que personne ne m'attendait à l'aéroport (Stafford avait affrété des cars entre Londres et Stoke, et Astère m'avait attendue à l'aéroport de Buja), j'avais une adresse où me rendre. En effet, une amie (que vous connaissez, puisqu'il s'agit d'Adeline, ma coloc du Burundi), qui avait vécu à Berlin il y a quelques années, m'avait mise en contact avec un ami à elle ; lequel a proposé de m'héberger quelques jours (jusqu'à ce que je déménage vers la chambre que je loue le mois prochain). Danke à tous les deux. Je squatte donc chez Sébastien pour une semaine (les collègues de la SFAC, vous croyez que je ne vous vois pas vous marrer ?! Tsss tsss).

Ce que l'histoire ne raconte pas, en général, c'est le laps de temps qui s'écoule entre le moment où on descend de l'avion et le moment où on sonne chez Sébastien. Et pour cause, l'Ami, et pour cause… Vous m'autoriserez ce raccourci, mais vous êtes d'accord que si on raconte à une femme les détails de l'accouchement, ça lui donne envie d'adopter un chat ? [c'est pas moi qui le dis]. Hé bien c'est pareil dans notre situation : si on raconte à quelqu'un ce fameux laps de temps, ça le dissuade de voyager.

Rappelons-nous Xavier (alias Romain Duris) qui débarque à Barcelone dans l'Auberge Espagnole. Il est chargé comme une mule, il arrive pas à se souvenir du nom des rues qu'il a notées sur un bout de papier froissé, et, même si le film ne le montre pas, je suis sure qu'il a galéré pour trouver la station de métro en sortant de l'aéroport.

C'était moi hier. J'étais chargée, et j'avais l'impression que tout avait le même nom (quoi, ça finit tout par strasse ici, après tout), et j'avais chaaaaaauuuuuuud (superposicion stratégique de pulls pour économiser du poids dans les bagages), et j'y comprenais rien à leur délire de S-bahn et U-bahn (plus ou moins comme les métros et RER), et m**** je me suis trompée de quai faut que je redescende et que je remonte sur le quai d'à-côté avec la valise, et j'étais fatiguée, et je trouvais que le plan de métro était plus lisible avec le Nord tourné vers le bas, et je ne me souvenais plus quelle était la sensation d'avoir du sang dans mes doigts meurtris à force de tirer la valise, et c'est quoi cette météo allemande pourrie (pardonnez le pléonasme) et qu'est-ce-que-je-fous-ici-c'est-l'heure-de-sortir-le-chien.

Voilà, en substance, ce qui se passe pendant le laps de temps qui s'écoule.

Mais ça, on peut le zapper. Parce ce que l'histoire raconte, ce sont les rencontres, découvertes, surprises que réservent les voyages. Et elle a bien raison, car c'est de ça dont on se souvient, et que cet environnement nouveau deviendra familier avant qu'on ait eu le temps de s'en rendre compte.

J'vous embrasse,

Caro

lundi 20 février 2012

Comme un parfum de mobilité

Trop cool, on s'retrouve !

On s'retrouve deux ans après, sur ce blog embaumant la naphtaline, qui s'est sans doute senti un peu égaré tandis que la toile s'étirait sans lui, mais qui n'a pas encore tiré sa révérence et s'apprête gaiement à accueillir mes nouvelles péripéties. A savoir mille et un délires, états d'âme, anecdotes, et autres geignements.

Ce blog ; puis nous. Nous, un peu timides de l'embarras inhérent aux retrouvailles qui suivent de longues séparations, mais ravis (en ce qui me concerne) de nous retrouver sur cette interface qui m'a accompagnée de Stoke-on-Trent, UK à Bujumbura, Burundi.

Et qui m'accompagnera pour un nouveau semestre à l'étranger.

Ne nous leurrons pas, si vous êtes là, vous savez déjà l'histoire. Néanmoins, dans un souci de cohérence pour ce blog, permettez un petit update du pourquoi cette réouverture 637 jours après avoir mis un point qui devait être final à un an de mobilité. La raison est simple, l'Ami : je suis à la veille d'un nouveau départ. Mes pas (c'est une image, hein, j'y vais en avion –refus parental catégorique de voyager avec Clio) me mèneront ce semestre chez nos amis allemands, à Berlin, pour mon stage de fin d'études.




Bis repetita. Il faut penser à… tout, en fait. Et ça, ça n'a pas changé en deux ans : valises (faire rentrer 5 mois dans 20 kg, on est d'accord, ça relève de l'exploit !), résiliation d'abonnement à Orange (qui refuse de résilier les abonnements), attestations diverses et variées, et compagnie... Heureusement, Mère est assez efficace dans ce genre de situation délicate ("Tu n'as pas rappelé la LMDE pour demander ta CEAM… Mais siiiii, tu sais ce que c'est, ça remplace le formulaire E111". Oui, Mère).

Je pense que ce sera suffisant pour ce soir. J'aurai bien le temps de vous décrire mon stage (quand j'en aurai une idée plus précise), mon logement (quand j'en aurai une idée plus précise), mon entourage (quand j'en aurai une idée plus précise) ; bref de ma vie là-bas (quand j'en aurai une idée même vague...). Pour le moment, à deux jours du départ, laissons-nous le temps de nous ré-apprivoiser.

La prochaine fois que j'écrirai, ce sera en direct de Berlin -et j'aurai alors eu une expérience concrète, et sans doute douloureuse, de ce que représente 20 kg de bagages.

Viele Grusse,

Caro

PS : pardon pour cette illustration pleine de clichés. En fait, c'est parce que de l'Allemagne je n'ai que des clichés en tête. J'ai hâte de voir ce que ça donne en vrai !

lundi 24 mai 2010

Épilogue


Difficile est l'article qu'aujourd'hui je vous sers.

Prétendre clore l'année serait bien pathétique ;

Oser faire un bilan serait un brin comique.

Comment donc résumer ce que j'ai découvert ?


Accentuer la forme, en oublier le fond :

Voilà l'idée du jour, qui manque de courage.

Quelques alexandrins, deux ou trois rimes en -age,

Pour que du contenu, vous fassiez l'abstraction !


Mais je vais tout de même essayer l'exercice,

Ô combien délicat, de mettre un point final,

A ce lien, cette interface qui, tant bien qu'mal,

De mes expéditions, fut l'accompagnatrice.


Point de discours poignant, ni de blabla grotesque,

Je vous épargnerai mes émouvant' pensées,

Irai même jusqu'à nier ce qu'inspira l'année :

Des idées, des projets, des révélations presque.


Ne sera infligé, non, rien de tout cela.

A quoi bon, vous dis-je, dans le lyrisme choir ?

Puisque, avec ces vers, je peux aller m'rasseoir.

C'est par d'autres propos que ce blog finira.


Je voulais seulement vous dire un grand merci

Pour avoir lu et commenté, peut-être même,

Oserai-je ?, attendu - récompense suprême -

Ces billets relatant quelques péripéties.


Je vous remercie donc de vous être à moi joints,

D'avoir participé à mon voyage anglais,

D'avoir accompagné mon séjour burundais.

Vous étiez avec moi, quand bien même de loin.


Caro


PS : Si j'avais été maligne, j'aurais préparé ce billet pour le 21 mai, soit un an précisément après mon premier article. C'aurait été symbolique, nan ? Mais j'ai laissé passer la date. Aussi, pour rattraper mon étourderie, j'ai fait le parallèle au niveau des illus. J'avais commencé ce blog par la photo d'un avion qui décolle. Aujourd'hui, j'ai mis la photo –prise par bibi le 14 mai aux alentours de 5 heures du mat', sur la mer Méditerranée- d'un lever de soleil, l'aube d'une nouvelle année, le renouveau et nanani et nanana. Je vous l'avais bien dit : chuis une poète, mwa !

lundi 3 mai 2010

Week-end touris(ti)que !

Pardonnez-moi par avance, ce billet va surtout consister en une succession de photos, comme je n'ai pas le temps de détailler. Mais lorsque vous découvrirez ces petites merveilles, je suis sure que vous me remercierez de vous avoir épargné mon blabla. Je suis moi-même en état de frustacion avancé d'avoir dû choisir dix de mes cent-cinquante photos…


En cet avant-dernier week-end de mon séjour burundais, je suis allée voir les endroits, voire the endroits touristiques du Burundi. Les must, quoi. Et cela valait le coup. La preuve en images.


Vous avez ici une belle brochette de Bazūngu + une Burundaise qui prennent la pose devant la source la plus méridionale du Nil. Non, vous n'êtes pas obligés d'y croire, et oui, vous avez le droit de penser que c'est un piège à touristes. N'empêche, si ça se trouve, l'eau qui coule ici se trouvera p't'être dans quelques années dans le Canal du Midi et verra la ville rose. Alors…



Une des quatre chutes de la Karera… vue du haut. On descend ? Non, on ne saute pas. On descend.


Il y a plusieurs cascades, dont quatre principales. Après une ptite rando (sous la pluie, sinon c'est moins drôle) et un pic-nique, nous voilà repartis direction…


… La Faille des Allemands.


Un paysage à couper le souffle. Respirez, d'ailleurs. Pour nous récompenser d'avoir fait la balade sous la flotte, Madame la Faille s'est ornée d'un bel arc-en-ciel, qu'on distingue malheureusement mal sur la photo. La faille se situe au sud-est du pays (à l'opposé en diagonal de Buja). Au loin, la Tanzanie.


Quelques centaines de mètres en voiture et la Tanzanie nous appartient.


Bon, je vous passe la suite… Evidemment on s'est perdus (mais… heu, aussi, la carte datait de 1994…), on s'est fait bloquer par les vaches (heureusement, le code de la route burundais stipule que les véhicules bovins ne sont pas prioritaires par rapport aux véhicules motorisés. Véridique. On est sauvé, avec ça), on ne savait pas où on dormirait, et nanani et nannana. Céçakièbon!


Heureusement, les routes burundaises sont en bonne état, et on a mis seulement deux heures et demi pour faire 13 kilomètres, ce qui nous a laissé du temps pour chercher un hôtel.


Au programme du dimanche : visite (et baignade !) des sources chaudes de Muhweza, ce qui m'a valu ma douche la plus chaude depuis quatre mois ! Et toujours, des paysages grandioses.


Traversée d'une plaine pour rejoindre les sources chaudes.



Plantations de thé


Je vous l'avais dit : le must !


Caro

mercredi 28 avril 2010

Plans foireux (ou pas !)

Comme j'ai été rappelée à l'ordre par Mère Supérieure qui trouve que mon assiduité à entretenir cette interface laisse à désirer, voici un nouveau billet tout beau tout neuf rien que pour vous (et pour toi, donc, Mère).

Oui. Ils sont vivants.

En décidant ce voyage, je m'étais fait une promesse : ne passer à côté d'aucune expérience que j'aurais l'occasion de vivre ici. Conséquence : j'avais décidé que quand j'aurais l'opportunité de découvrir quelque chose, je ne tergiverserais pas, ce serait "oui". Parfois, j'ai été bien inspirée. Parfois, heu… c'est le genre de situation où on sait que quand ce sera fini on sera content de l'avoir fait, mais en attendant on cogite des pensées profondes, du genre : "Mais qu'est-ce que je fiche ici, B¤®d€l".

Allez, au pif, la messe. Astère, mon chef, m'avait promis de m'emmener à la messe. Rectification : j'avais promis à Astère qu'il pourrait m'emmener à la messe. Il n'en peut plus de travailler avec une mécréante qui refuse catégoriquement de bénir les haricots avant le repas. Nous voilà donc parties (ma bonne volonté et moi) dimanche dernier. RDV à 7h20. Oui, le matin. D'aucuns affirmeraient qu'il était inutile de se coucher. C'était le plan, avant que je ne sombre à 5 heures… Permettez que j'me la rac', j'ai même pas eu besoin de réveil -que voulez-vous, quand on est motivée… Motivée pour faire plaisir à Astère, s'entend. Parce que, dur, très dur, les chants et autres Amen qui résonne dans le crâne quand vous ne rêvez que de rejoindre les bras de Morphée. Surtout que cela a duré trois heures. C'est bien la première fois que je passe deux fois plus de temps dans une église que dans mon lit… Une église, que dis-je ? C'est dans une salle de spectacle (LA salle de spectacle de Buja, en fait) que se tenait la prière. Rideaux rouges, grooms pour servir l'hostie, crèche pour les gamins, cartons d'invitation pour les nouveaux ("ceux qui viennent pour la première fois, levez-vous, nous allons prier pour vous"). Et trois heures de fanatisme, de prosélytisme, et de show. M'enfin, soyons positifs : sociologiquement, c'était consternant intéressant ; et je suis bénie jusque l'an 2050 au moins, avec cela. Mère-Grand, avant que tu demandes : raté, c'était pas chez les Cathos, c'était des Protestants. La prochaine fois, Mère-Grand, la prochaine fois. Ou pas.

Note à moi-même: la prochaine que je pars en promenade dans la ville, je regarde le ciel avant de partir…

Autre soirée mé-mo-rable. Après la fête de départ d'un Français qui rentrait en Europe, je m'apprête à appeler un taxi pour rejoindre mon home sweet home. Or, des invités à la soirée allaient dans la même direction que moi. Ils me proposent donc de me "donner un lift", me ramener chez moi en Franco-Burundais. Rien d'extraordinaire, je ne peux tout de même pas classer cette anecdote dans les grandes expériences que je devais vivre au Burundi… Eh bien si. Car une fois dans la voiture, le Monsieur m'explique qu'il doit aller récupérer sa femme chez la cousine de sa mère (ou la mère de sa cousine, pardonnez cette approximation). Or, c'est très impoli d'aller chez quelqu'un sans le saluer. Nous voilà donc confortablement installés dans le salon dans la famille, à siroter bières et fanta… L'occasion de souligner l'hospitalité qui caractérise les Burundais, dont ils sont si fiers d'ailleurs. Cela dit, je me serais passée de rester une heure au milieu d'inconnus parlant une langue inconnue dans une maison inconnue. Une fois la mère/cousine remerciée, on décolle. Evidemment, il a fallu déposer la fille de la cousine chez elle. Une fois tout ce beau monde rentré, je pensais que j'atteindrais enfin ma maison. Naïve ! C'était sans compter le réservoir vide de la voiture, l'arrêt à la station essence, et la rencontre avec le collègue de travail qui remettait aussi de l'essence. Faut bien partager une bière, hein. Ou deux. Au final, près de deux heures pour parcourir 3 kilomètres. La prochaine fois, je selle un hippo. Ou pas.

A l'orphelinat des sœurs de Calcutta. Au premier plan, Dorien, environ 4 mois. C'est mon chouchou (je sais, c'est mal d'avoir un chouchou).

Autre moment tragique. Souvenez-vous, je m'étais targuée d'avoir l'autorisation d'Astère pour conduire. J'avais accepté, ravie, en me disant que c'était quand même cool de conduire dans la jungle de la circulation burundaise. Or, ce qui devait arriver arriva. Y'a un poteau qui s'est mis au milieu de la route pendant que je reculais. Vilain poteau. Le pire est que je ne m'en suis pas aperçue (j'étais seule dans la voiture). C'est Astère, qui avec son habituel tact, est venu me voir dans mon bureau : "Dis, Caroline, est-ce que tu as prêté le véhicule à quelqu'un cet après-midi ?". "Bien sûr que non, pourquoi ?". "Hé bien, heu… quelqu'un a dû nous rentrer dedans". Come on, Astère, vous savez que c'est bibi qui suis responsable. Pour ma décharge, vous devez savoir qu'il s'agissait d'un monospace, le volant était loin, très loin (trop loin ?) de l'arrière. J'étais tout de même très penaude. Heureusement, Astère a une fois de plus réagi avec diplomatie : "Ce n'est pas grave. C'est un signe que Dieu t'envoie pour te dire que, dorénavant, tu dois regarder dans les rétroviseurs quand tu recules". Merci, Dieu, comme t'es gentil, peut-être que je retournerai à la messe dimanche prochain. Ou pas.

Plat typiquement burundais : brochette de sangala (poisson du lac), accompagné de frites de bananes et de salade de chou. So delicious!

Pour enchainer sur un plan pas foireux : j'ai eu la chance de participer à un mariage. Invitée par l'homme que ma proprio emploie pour s'occuper des maisons mitoyennes dans lesquelles je vis, lequel mariait sa sœur. Pas de lien évident avec les mariés, donc, mais, comme je l'ai dit, je ne voulais rater aucune occasion de découvrir de nouvelles choses. Et j'ai bien fait : la cérémonie est un vrai spectacle. Certes, j'aurais zappé sans états d'âmes les deux heures de discours en Kirundi, mais le mariage est agrémenté de démonstrations de tambourinaires, de spectacles de danse, de la remise des cadeaux. C'est très différent de ce que l'on connait en Europe. C'était une chance incroyable de découvrir comment cela se déroulait, d'autant que le mariage reste un élément central de la culture burundaise.

Spectacle de danse au mariage de la sœur d'un copain.

Enfin, grâce à une amie franco-espagnole (de Toulouse !), je fais du volontariat à l'orphelinat des sœurs de Calcutta, situé à une dizaine de kilomètres de Buja. C'est très triste, et très beau à la fois. Elles font un travail formidable !

Voilà en supra-résumé quelques-unes de mes péripéties burundaises. La suite (=ce-qui-est-censuré-afin-que-l'ascendance-ne-me-fasse-pas-prendre-le-premier-avion-Buja-Paris) en live, puisque je rentre dans deux semaines.

A bientôt,
Caro

PS : les mauvaises langues remarqueront que les deux paragraphes les plus courts concernent les moments positifs. Qui a dit que j'adorais geindre ?

lundi 12 avril 2010

Le lundi au soleil...

Note de l'auteur : ce qui suit est dédicacé à Mère et Père, qui restent persuadés que je suis au trou du c** du monde.

Rassurez-vous, je n'ai pas pour projet de vous rendre jaloux en me targuant d'avoir les pieds en éventail en ce lundi matin. Non, je suis bien au bureau, tellement overbookée de boulot que j'improvise un billet.

Enfin, improvise, pas tant que cela. Aujourd'hui, je suis de bonne humeur, j'ai pensé qu'il fallait que je vous explique pourquoi.

Ce matin, alors que j'écoutais RFI en venant au boulot, le journal a été annoncé par un magnifique "RFI bonjour. Il est 5h30 en TU, 7h30 à Bujumbura et à Paris". Sans renier Crolles, Mère et Père, avez-vous déjà entendu Nicolas Demorand dire "France Inter bonjour. Il est 7h30 à Crolles et à Paris" ? CQFD.

J'étais contente, j'espère que vous l'êtes aussi.

Caro

mercredi 7 avril 2010

Colocacion #2 bis


Comme son nom l'indique, c'est de la coloc dont il va s'agir une fois encore ici –mais pas que. Mais chaque chose en son temps, et commençons par le commencement : le titre, peut-être. D'aucuns diront «Pourquoi "#2 bis" ? Elle est où, la logique ? ». Là voilà : les colocs changent, mais pas la maison. Donc ce n'est pas vraiment une colocacion #3, mais ce n'est plus la #2 non plus. J'ai donc opté pour la #2 bis.

Ainsi, Lena est partie à son tour, voilà maintenant deux semaines. Je ne pouvais pas rester seule à la maison. De toute façon, on était à la recherche de quelqu'un pour prendre la chambre de Jakob depuis un mois. Lena et Jakob avaient proposé à la nouvelle stagiaire de leur boite d'emménager chez nous. C'était donc sûr que j'aurais une coloc une semaine après le départ de Lena ; certitude très pratique, d'ailleurs, sinon j'aurais déménagé. Mais restait toujours une chambre vide.
Et finalement, l'harcèlement de ma mailing list aura porté ses fruits, puisque j'ai rencontré deux jours après le départ de Lena quelqu'un qui cherchait une maison !

Ballade dans Muramwya.

La maison est donc de nouveau pleine ! Je vis désormais avec Adeline et Yves. Finis, les cours d'Anglais à table, la maison est désormais peuplée de Frenchies. Adeline est Lilloise et Yves est, tenez-vous bien, Crollois. Crollois de Crolles, oui, vous pouvez légitimement poser la question. Je sais, moi aussi, je trouve cela d'un exotisme fou. Petite remarque pour les Toulousains : désormais, vous ne pouvez plus nier que Crolles, c'est le centre du monde. Hum hum. Cela dit, c'est une vraie coïncidence, puisqu'on s'est rencontré par un des contacts de la mailing list, que je ne connais même pas. Pour que vous imaginiez la scène, la rencontre avec Yves a donné :
"Et donc, tu bosses pour ONG suisse. T'es Suisse, d
onc ?
- Non, Française. Je suis Grenobloise.
- Non ?! Moi aussi ! - De quel village ?
- Arf, tu dois pas connaitre. Crolles, ça te dit quelque chose ?"

Ca me dit quelque chose, en effet. Nous sommes partis de la nationalité, puis avons fini par nous demander dans quel quartier nous habitions… Maintenant, on en est à évoquer nos profs du collège, après avoir surtraité le dossier "pistes des 7 Laux".
Quant à Adeline, elle a fait Science-Po Lille. Aussi, entre ma prof d'Anglais de 6° et les commentaires sur les Vallons du Pra, j'ai pu me rappeler les chants du Crit' et autres évènements IEPiens. En ce qui concerne Yves, il n'a pas fait Science-Po, mais il a pris goût aux voyages en suivant sa copine… fraichement diplômée de Science-Po Grenoble. Quand je vous parlais d'exotisme

Gitega, ville "en développement".

Le premier commentaire serait "Le monde est petit". Non. En réalité, c'est le monde de Science-Po qui est petit, microcosme privilégié où beaucoup voyagent et finissent par se rencontrer. Je ne compte plus le nombre de Français ici qui ont fait Science-Po ; j'ai même rencontré un Anglais qui avait fait son Erasmus à l'IEP de Grenoble.

Sans transition après cette observation visant à souligner une fois encore la chance que j'ai de faire ce voyage, retraçons ce week-end de Pâques, premier de la coloc #2 bis. Il fallait fêter ça, d'autant plus qu'on avait quatre jours off (le lundi de Pâques + la commémoration mardi de l'assassinat du Président, qui a déclenché la guerre). Nous avons donc improvisé une petite virée à l'intérieur du Pays. Yves n'a pas pu nous accompagner, car il était là avec son chef. L'occasion pour moi de présenter ce dernier : Ludovic Hubler, écrivain du Monde en Stop. Sorti de l'ESC Strasbourg en 2003, il décide de partir faire le tour du monde en stop. Son périple aura duré cinq ans, au cours desquels il a visité 59 pays dont l'Afghanistan, la Corée du Nord (va trouver ton visa pour la Corée du Nord, toi !), ou la Colombie. Il a même fait du brise-glace-stop pour une épopée en Antarctique. Rencontre passionnante, comme j'en fais tellement au cours de cette année. Son livre a remporté le concours machin-chose du récit de voyage, et je vous encourage à le lire ! [Edit : non Maman, non Papa, je n'ai pas (encore) pour projet de faire le tour du monde en stop].


Base de l'alimentation du Burundais : le haricot. Y'en a pour tous les gouts.

Après ce petit coup de pub (pour lequel je ne recevrai aucune indemnité, promis), revenons à notre bien plus modeste virée à l'intérieur du pays. Destination : Gitega le dimanche, puis Muramwya le lundi. Gitega est la deuxième ville du pays, comme ne le montrent pas les photos. Muramwya, c'est moche et ya rien à y faire, donc le programme consistait à crapahuter dans les collines burundaises, entre plantations de thés, champs de manioc et forêts d'avocatiers et d'eucalyptus. Super week-end, au final, même si le chocolat de Pâques manque un peu…

Gitega.

Ce billet est déjà trop long, et pourtant je ne résiste pas à vous raconter une petite anecdote amusante. De retour de Muramwya hier, nous ne prenons pas un bus comme à l'aller, mais un Bagdad, c'est-à-dire un taxi collectif. Rien que le nom du concept fait rêver. A sept dans le taxi, petite voiture dans laquelle on serait serré à cinq. Trois devant (deux sur le siège passager. Si, si, c'est possible), quatre derrière, plus le coffre plein de bananes. Rassurez-vous, j'ai tout de même réussi à m'endormir, on ne change pas les bonnes habitudes (réveillée par un bout de banane qui m'a perforé l'oreille ; j'aime). A l'approche de la ville, le chauffeur s'arrête, en met deux dehors, appelle deux vélos qui attendent là, pose les deux sur le vélo, puis nous repartons – à cinq, donc. Nous continuons un peu, passons un barrage de flics, puis nous arrêtons de nouveau juste après le virage suivant. Là, nous attendent les deux expulsés, tandis que les vélos font demi-tour. L'explication, vous l'aurez comprise, était que le chauffeur sous-loue les services de taxi-vélo pour franchir les barrages de flics, puisqu'il transporte trop de passagers. Professions de cyclistes : passeurs de clients de taxi clandestin, ou nègres pour chauffeur de taxi. J'ai trop ri.

Alternative au Bagdad : se faire "lifter" par un camion. Sur la route de Muramwya.

Allez, j'arrête là, sinon vous ne voudrez plus venir.


Bises à tous,


Caro

PS : Une fois n'est pas coutume, la plupart des photos ne sont pas de moi, mais d'Adeline, plus téméraire que moi pour sortir l'appareil en ville.